Entraîner l’équipe masculine de volleyball, une histoire de passion

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  • Daniel Reid, entraîneur des Inouk du volleyball masculin



Ils ne font pas souvent les grands titres des journaux, et personne ne leur demande un autographe, pourtant les entraîneurs au collégial jouent un rôle-clé dans la réussite sportive et scolaire des étudiants-athlètes. Tour à tour entraîneurs, coachs de vie, confidents, psychologues, conseillers et médiateurs, ils portent de multiples chapeaux au fil des saisons.

Daniel Reid, entraîneur des Inouk du volleyball masculin pour une douzième saison consécutive, partage sa passion pour le sport étudiant.

Petite histoire des Inouk du volleyball masculin

« Je coachais et m’occupais du volley scolaire au secondaire, depuis déjà un bon bout de temps, quand René [Réné Morin, responsable des sports] est arrivé en poste au Cégep. En 2006, cela faisait déjà presque dix ans qu’il n’y avait plus de volleyball masculin ici, au Cégep. Je suis venu voir René pour me présenter et lui brosser le portrait du volleyball dans les écoles secondaires de la région.  Je lui ai dit : j’aimerais que le volleyball masculin revienne au Cégep. D’après moi, on serait capable de relancer ce sport pour les gars et je serais prêt à être votre entraîneur pour les cinq prochaines années minimum.

René a été très réceptif à la proposition, mais il était trop tard pour s’inscrire dans la ligue [RESQ] pour cette année-là. Alors, j’ai entrainé les étudiants intéressés une fois par semaine pendant un an, même si on n’était pas inscrits dans aucune ligue, pour démontrer le sérieux de ces jeunes-là. J’en avais quatorze et on pratiquait à une heure impossible, le lundi de 9 h à 11 h [le soir] parce que les gymnases étaient pleins. Je pense que c’est ce qui a convaincu René, car de mémoire j’ai eu zéro absence ou à peu près, les quatorze étaient toujours là. Tout de suite au printemps 2007, René a annoncé aux gens du RSEQ que le volleyball masculin revenait l’année suivante au Cégep de Granby. »

Collégial et niveau secondaire, chacun ses particularités

« Il y existe une bonne différence entre les deux niveaux. Par exemple, au secondaire, les parents sont très présents, beaucoup plus impliqués dans la démarche sportive de leur enfant. Pourquoi au Cégep ils le sont moins? Je le dis à mes joueurs : j’aimerais cela que vos parents viennent voir vos games, vos tournois le plus souvent possible. Cela me fait vraiment plaisir quand les parents assistent aux tournois.

Puis, au secondaire on fait beaucoup plus du développement. J’essaie d’avoir le plus grand bassin de joueurs possible pour faire découvrir le volley, c’est la base de la pyramide. En secondaire V, lorsqu’ils arrivent juvéniles, on commence à viser davantage la performance.

Ceux qui continuent à jouer au Cégep, ce sont les plus motivés, souvent les mêmes qui ont connu du succès sportif au secondaire. Ils ont mordu au sport et sont restés accrochés pendant le cégep, et même pour le restant de leur vie d’adulte, pour plusieurs. C’est plus au niveau secondaire qu’on a un problème de rétention sportive et un travail de motivation et de conscientisation à faire.

Il y également une énorme différence entre entraîner une équipe de filles et de gars. Ce n’est pas la même psychologie, pas la même approche, donc souvent les entraîneurs de carrière se spécialisent avec des gars ou avec des filles. »

Être un entraîneur de division 2

« Les rôles d’un entraîneur de ce niveau sont multiples, particulièrement à cause de la tranche d’âge des jeunes. Au collégial, c’est surtout du 17 à 20 ans, même si légalement ils ont le droit de jouer jusqu’à 22 ans. Les joueurs sont entre la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte, et souvent, je suis une personne ressource pour eux, pas juste au volley. Je me fais poser plein de questions sur la vie en général.

C’est sûr qu’au volley mon rôle principal c’est l’apprentissage du sport. La division 2 [collégial AA] est un drôle de niveau; on est entre le pur développement de la division 3 [A] et la haute performance de la division 1 [AAA]. Il faut que tu ailles chercher un certain niveau de performance parce qu’il y a une finalité provinciale avec un classement et un championnat, mais en même temps, on n’est pas en division 1, il faut qu’on fasse pas mal de développement avec les joueurs non expérimentés.

C’est un équilibre parfois difficile à trouver, on s’en parle entre entraîneurs : est-ce que j’ai un alignement régulier avec des réservistes, ou je fais jouer un peu tout le monde et je m’occupe juste du championnat en fin d’année? C’est de rendre tout le monde heureux dans ton équipe et de lui faire voir que tous les joueurs ont un rôle et une importance, qu’ils jouent souvent ou très peu. Il faut faire le psychologue à l’occasion et souvent le pédagogue, et il ne faut pas juste que ce soit une bonne équipe, mais aussi une belle équipe. Pas toujours facile, mais avec l’expérience, on comprend mieux la dynamique d’un groupe.

Puis aussi, il y a l’autre volet sur lequel je dois intervenir : le scolaire. Je suis souvent en contact avec des étudiants-athlètes pour parler de leurs notes, de leurs cours, de leurs absences, de leur motivation et de leur réussite. Parce que s’ils échouent à un certain nombre de cours, ils sont suspendus de la ligue pour une session. On a des étudiants que le volley retient à l’école, donc cela représente une motivation pour eux d’essayer de travailler un petit peu plus fort. C’est sûr que parfois c’est crève-cœur, un élève peut avoir tous les acquis pour faire un bon sportif, un athlète marquant pour une équipe, mais la réussite scolaire ne suit pas. »

Les défis à relever en tant qu’entraîneur 

« Le collégial, il faut vraiment voir cela session par session. Des fois, tu as quatorze joueurs à l’automne, puis là tu arrives à l’hiver et il y en a deux ou trois qui ont décidé de quitter le Cégep, ou qui ont eu des échecs, et il y a aussi le contraire qui peut arriver comme un nouveau joueur qui s’ajoute. Donc, c’est un peu difficile, car on essaie de faire une planification annuelle, de dire : mon équipe à la fin d’août est comme-ci et je veux l’amener à ce niveau-là au mois d’avril, mais tu ne sais pas le scénario de la deuxième session. On a souvent des belles surprises et parfois, des moins belles.

Je dirais que la gestion des problèmes personnels que les joueurs ont à l’occasion peut aussi être un défi. Des fois, ils vont en parler avec leurs parents, mais des fois, ils préfèrent m’en parler. Le défi que j’ai, c’est d’essayer d’être une oreille attentive et d’être un bon conseiller quand ils ont des problèmes de toutes sortes. C’est une tâche complémentaire qu’on ne voit pas toujours, mais qui existe pour un entraîneur.

Enfin, il y a aussi l’aspect conditionnement physique des étudiants-athlètes. En division 1, ils ont de la musculation et des programmes spécifiques de conditionnement physique, suivis par du personnel de l’équipe. En division 2, on n’a pas ces ressources. C’est un petit défi de les inciter, en dehors de nos deux entraînements obligatoires, à faire un peu de conditionnement physique afin qu’ils entretiennent leur cardio ou leur vigueur musculaire en allant à la musculation en dehors de leurs pratiques de volley. Souvent au volley, ce sont des tournois, et parfois on s’aperçoit qu’au 4e ou 5e match de la journée les autres équipes ont l’air plus en forme. Donc, c’est de faire une intervention sur le conditionnement physique et toutes les saines habitudes de vie. »

Une invitation aux étudiants sportifs

« Dans notre vie entière, la fenêtre de temps pendant laquelle on peut faire du sport scolaire est vraiment courte. Cela se passe surtout entre 12 ans et 20-21 ans si on exclut le sport de niveau universitaire réservé à l’élite. Ce n’est vraiment pas long, et donc si tu as le goût de faire du sport parascolaire dans ton école secondaire ou ton Cégep, bien GO! N’hésite pas deux secondes. Dans quelques années il va être trop tard! » – Daniel Reid

 

 Une publication du Service des communications