Éducation spécialisée : une nouvelle vague de stagiaires en Belgique

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  • Les stagiaires en Techniques d'éducation spécialisée du projet Belgique 2019.





Du 14 janvier au 13 mai 2019, sept finissants de Techniques d’éducation spécialisée (TÉS) effectuent le dernier stage de leur formation collégiale dans la région de Bruxelles. Ce partenariat avec la Belgique existe depuis plus d’une dizaine d’années, et une quinzaine de milieux sont en rotation sur la liste des stages disponibles.

Avant le stage

Dès la première session, les étudiants en TÉS sont informés de la possibilité de faire ce stage final à l’international. Les intéressés sont invités à joindre le comité responsable de la campagne de financement, il faut compter un minimum de 5 500 $ par stagiaire. Pendant deux ans, diverses activités sont mises sur pied pour amasser les sommes nécessaires pour couvrir les frais de subsistance : billets d’avion, logement, nourriture, passe de transport en commun, frais de télécommunication.

À la cinquième session, les étudiants ont droit à une préparation particulière en vue du séjour en Belgique, car même si les milieux de stage sont francophones, les expressions et les mots ont parfois un sens autre qu’au Québec. L’alimentation, le rythme de vie et les habitudes socioculturelles sont également différents.

« En Belgique, jamais on ne s’est fait dire non pour des stages. Ils tripent sur nos étudiants. La formation n’est pas la même là-bas, ici nous les poussons plus sur le plan de l’analyse clinique. Ils sont heureux de nous accueillir. » – Justine Benoît, enseignante

Quelques précisions sur le stage

Le stage d’intervention est d’une durée 450 heures qui sont étalées sur 4 mois et qui valent 14 crédits.

Les compétences principales visées par ce stage de fin d’études sont :

1. Adopter une conduite professionnelle conforme à l’éthique de la profession.
2. Établir une relation d’aide.
3. Élaborer un plan d’intervention.
4. Effectuer des interventions d’adaptation et de réadaptation auprès des clientèles présentant des difficultés d’adaptation et de réadaptation.
5. Concevoir et exécuter un projet intégré d’intervention.

« Les étudiants, qui font le stage en Belgique, ont à faire exactement les mêmes travaux, avec les mêmes dates de remise, que s’ils avaient fait leur stage au Québec. Nous, les enseignants [Frédéric Tessier et Justine Benoît] on se rend en Belgique deux fois pour faire de l’enseignement et la supervision de stages. » – Justine

Cette année, quatre des stagiaires oeuvrent dans des unités de centres jeunesse où les jeunes habitent. Les interventions se font donc surtout après l’école, le soir et la fin de semaine dans ce cas-ci. Certains établissements accueillent des enfants et d’autres des adolescents.

Une étudiante travaille avec des personnes ayant des problèmes de santé mentale, une autre dans une école secondaire auprès d’adolescents ayant des difficultés d’apprentissage et le septième stagiaire est dans un centre de jour avec des adultes ayant une déficience intellectuelle.

« À chaque fois, cela m’émeut de voir comment ces jeunes-là partent, et de les voir progresser pendant deux ans et demi. Il y en a pour qui c’est la première fois qu’ils vivent en appartement, sans papa et maman. Ils doivent vivre le quotidien en Belgique : faire la lessive, l’épicerie, se déplacer et aller travailler. Les étudiants apprennent à se connaître, développent de l’autonomie et doivent sortir de la zone de confort. J’en parle et j’en ai des frissons. Ils reviennent tous formés par cette expérience-là de manière positive, c’est une expérience très riche sur le plan humain! » – Justine

La parole aux étudiants

« Le stage en Belgique c’est un accomplissement. Un accomplissement en tant que personne et un accomplissement professionnel. On apprend sur soi, on se débrouille et on s’adapte à note vie d’étudiant à l’étranger. On apprend aussi sur les différentes façons d’intervenir d’un milieu à l’autre et d’une clientèle à l’autre. Notre regard et vision sur nous, sur la vie et sur la profession d’éducateur s’élargissent considérablement. Une confiance s’établit et un épanouissement prend place. C’est une expérience unique et extraordinaire, qui confirme plusieurs choses sur soi. On profite de chaque instant, on explore, on découvre et on crée des liens exceptionnels avec les autres étudiants. » – Alex-Anne Joyal, stagiaire dans un Centre de Jour pour adultes vivant avec une déficience intellectuelle.

« C’est une expérience de vie qui te permet de te dépasser, de gagner en autonomie ainsi que de développer des amitiés qui resteront toute ta vie. Le stage est aussi déstabilisant, mais c’est ce qui en fait sa beauté. À travers les hauts et les bas, on grandit et on s’épanouit. On s’ennuie de nos proches, on vit les plus beaux voyages de notre vie, on pleure parce que le stage n’est pas toujours facile et on rigole avec nos patients et l’équipe. On traverse toutes les émotions au travers de ces 4 mois, mais quand vient le temps de partir, on pleure. Premièrement, parce qu’on est triste de quitter les gens que nous avons côtoyés durant 4 mois. Deuxièmement, parce qu’on a vécu un TRIP inoubliable et qu’enfin nous allons pouvoir le partager avec nos proches. Bref, le stage en Belgique restera gravé à tout jamais dans notre cœur. » – Daphnée Maheu, stagiaire auprès de personnes adultes vivant avec des problèmes de santé mentale

 

Une publication du Service des communications