Issus de dix pays différents, vingt étudiantes et étudiants inscrits à l’AEC Intégration à la profession infirmière du Québec (IPIQ) ont relevé le défi de réapprendre leur métier en intégrant une culture diamétralement opposée à la leur. Ce programme intensif d’une durée d’un an permet à des infirmières et infirmiers diplômés hors Canada d’effectuer une formation d’appoint afin de pouvoir exercer leur profession au Québec.

Une expérience mémorable

À travers cette aventure riche, mais surtout fort exigeante, les membres du personnel gravitant autour de ces gens ont vu naître une communauté multiculturelle soudée par l’entraide et l’amitié. 

Cette collectivité a su émouvoir et toucher plus d’une personne, comme en témoigne Guylaine Laroche (responsable du programme IPIQ) :

Une femme blonde souriante avec les bras croisés
Guylaine Laroche

« Accompagner cette cohorte […] a été une expérience profondément marquante. En l’espace de douze mois, ces vingt infirmières et infirmiers diplômés hors Canada ont fait preuve d’un courage et d’une détermination remarquables. Arrivés récemment de divers pays d’Afrique et d’Amérique du Sud, avec leur famille ou avec la douleur de l’éloignement, ils ont relevé le défi exigeant de s’adapter à un nouveau système de soins, à une nouvelle culture et à un climat bien différent de celui qu’ils connaissaient.

Leur résilience, leur ambition et leur engagement envers la profession infirmière constituent une richesse inestimable pour le réseau de la santé québécois. Ce fut pour moi un privilège de cheminer à leurs côtés tout au long de leur parcours. »

Épopée outremer

Arrivant à la fin de leur parcours scolaire, cinq étudiantes et étudiants ont voulu témoigner de leur passage au Cégep de Granby : Touré Jérôme Howele, Cynthia Elizabeth Castro Ma, Innocente Gapzatso Tétang, Hakima Slimani et Lucas Valerio Ferreira. Ces histoires racontent leurs peurs, leurs épreuves et leurs réussites, mais aussi leur immense reconnaissance.

Ces histoires commencent ainsi…

Un homme à la peau noir en veston
Touré Jérôme Howele

« Lorsque je suis arrivé au Québec, le 7 février 2025, je portais en moi un mélange d’espoir, d’incertitude et de détermination.

Ce parcours n’a pas été simple. Il y a eu des moments de doute, de fatigue et d’adaptation. Mais il a surtout été rempli d’apprentissage, de dépassement de soi et de rencontres humaines inoubliables. » – Jérôme

« Pendant ma formation, j’ai fait face à des situations complexes, telles que des problèmes familiaux survenus à distance. Le décès de ma mère, vécu loin de mon pays d’origine, a entraîné des répercussions importantes sur ma santé émotionnelle et mon parcours académique. » – Innocente

Une femme musulamne souriante devant des arbres
Hakima Slimani

« […] J’ai vécu un véritable choc culturel, autant au niveau de la langue que de la façon d’étudier. Les premiers mois n’ont pas toujours été faciles, mais grâce au soutien de mes parents, de mes enseignants et de toutes les personnes qui ont contribué à notre réussite, j’ai progressivement trouvé ma place.

Certaines phrases entendues tout au long du parcours m’ont particulièrement marquée et m’ont aidée à m’adapter, petit à petit, à ce nouveau pays :


« On ne lâche pas »,
« Vous allez y arriver »,
« Je vous trouve très courageux […]. » – Hakima

Au cœur de ces histoires, la persévérance et la résilience… laissant un sentiment de fierté et d’accomplissement.

Cynthia Elizabeth Castro Ma

« […] Quand je repense à tout ce parcours, je ne regrette rien. Chaque étape m’a donné la force d’avancer et m’a appris à faire face aux défis avec beaucoup d’efforts et de persévérance. Avoir peur au début est normal, mais cette peur finit par passer, parce qu’on apprend à s’adapter aux changements.

Aujourd’hui, je me sens plus confiante et motivée. Je sais que l’apprentissage ne s’arrête jamais, mais je donnerai le meilleur de moi-même pour continuer à m’améliorer. » – Cynthia

Un homme hispanique souriant
Lucas Valerio Ferreira

Tout au long de cette aventure, les étudiantes et étudiants nomment avoir reçu un grand soutien. La nécessité de montrer leur reconnaissance était au cœur de leur témoignage. Gage que, bien que la réussite repose sur la personne apprenante et sa persévérance, un petit coup de main peut faire une grande différence.

« Tout ce que je peux dire aujourd’hui, c’est merci. Merci de nous avoir montré que, même loin de ceux que nous aimons, il existe des personnes profondément humaines, animées par un réel amour de l’autre. » – Lucas

Le 25 février prochain se tiendra une célébration visant à souligner leur grand accomplissement. Félicitations à ces finissantes et finissants pour leur persévérance et leur grande résilience. Parions que leur parcours inspirera plus d’une personne!