Aller au-delà des idées reçues et donner un visage humain aux enjeux migratoires : c’est le pari qu’ont relevé les étudiantes et étudiants de Sciences humaines en concevant l’exposition Perspectives comparées sur l’immigration. À la croisée de la recherche, de la rencontre et de la création, ce projet met en dialogue savoirs théoriques et récits vécus pour mieux comprendre les défis de l’intégration.

Cette exposition a permis à la communauté collégiale de mieux comprendre les défis auxquels font face les nouvelles et nouveaux arrivants. Comme son nom l’indique, elle présentait en parallèle les obstacles relevés par la documentation et ceux vécus concrètement par les personnes immigrantes.

L’événement a été organisé dans le cadre du cours Contacts et interactions culturelles. Il présentait les travaux de 23 étudiantes et étudiants de quatrième session en Sciences humaines.

« Ils travaillent d’abord en équipe sur un thème commun, puis chaque étudiant explore un aspect particulier en lien avec cet enjeu. » – Valérie Lessard, enseignante responsable du cours

Enjeux et défis à l’intégration

Les personnes migrantes font face à une série d’enjeux complexes et interconnectés qui influencent profondément leur parcours d’intégration. Ces obstacles ont été regroupés sous sept grandes familles :

  • Personnels et psychologiques
  • Économiques
  • Juridiques et administratifs
  • Sociaux et culturels
  • Familiaux
  • Sanitaires
  • Politiques et sécuritaires

Les travaux étudiants individuels s’orientaient sur un aspect ou un défi particulier choisit dans l’un de ces thèmes comme : l’accès au logement, l’isolement social ou la stigmatisation médiatique.

Rencontrer pour comprendre : l’immigration racontée de l’intérieur

Pour mener à bien leur projet, les étudiantes et étudiants ont rencontré à quatre reprises les personnes inscrites aux groupes de francisation du Cégep de Granby. Ces échanges spontanés, réalisés en classe, ont permis d’établir un premier lien et de mieux comprendre le parcours des nouvelles et nouveaux arrivants.

Il s’agit également d’une occasion pour les personnes en francisation de converser en français usuel dans un contexte différent d’un cours. Les bénéfices des échanges sont donc doubles : transposer les connaissances théoriques à la réalité vécue pour les étudiantes et étudiants de Sciences humaines et mettre en pratique l’apprentissage du français pour les personnes de francisation.

Les étudiantes et étudiants réalisaient également deux entrevues avec des personnes immigrantes en dehors du cours. Ces échanges visaient à approfondir un défi précis qu’elles vivent ou ont déjà vécu. Les personnes rencontrées devaient résider au Québec depuis moins de quatre ans.

« Au fil des rencontres avec les nouveaux arrivants, ils développent un cumul de récits et d’expériences qu’ils vont devoir comparer avec leur perspective à eux, souvent seulement théorique, comme société d’accueil. » – Valérie Lessard

Après avoir effectué une recherche théorique et analysé les échanges recueillis, les étudiantes et étudiants réalisent une création témoignant des écarts et des similitudes entre les deux visions d’un même enjeu.

« La création peut prendre plusieurs formes. Cela peut-être un poème, les paroles d’une chanson que l’on compare à une autre chanson, un dessin, du scrapbooking… je leur laisse la liberté de choisir.

Le but de l’exercice est de faire prendre conscience de la réalité, de ce que vivent les nouveaux arrivants. Fondamentalement aussi, de leur rôle [les étudiants] dans ces situations-là. En fin de compte, j’aimerais qu’ils réalisent qu’ils ne sont pas que des observateurs. Qu’ils sont aussi des agents facilitants, s’ils le veulent. » – Valérie Lessard